En tant que source de haute qualité de calcium et de phosphore pour les animaux d’élevage et la volaille, la demande de phosphate bicalcique a fortement augmenté ces dernières années, entraînant des problèmes de falsification et de substitution par des produits inférieurs de plus en plus graves. Comment sélectionner un phosphate bicalcique de haute qualité parmi les nombreuses options disponibles ?
Les falsifiants courants du phosphate bicalcique comprennent : la poudre de pierre, le sable, le phosphate tricalcique, l’engrais superphosphate agricole, la poudre de roche phosphatée et le carbonate de calcium léger. Les méthodes d’identification de chacun sont décrites ci-dessous.

1. Identification de la poudre de pierre ou du carbonate de calcium léger :
La poudre de pierre, lorsqu'elle est broyée à une granulométrie de 80 mailles ou plus fine, ressemble au phosphate bicalcique par son aspect et sa morphologie, mais sa masse volumique est supérieure. Le carbonate de calcium léger présente des caractéristiques sensorielles et une masse volumique similaires à celles du phosphate bicalcique, ce qui rend difficile sa distinction à l’œil nu. Toutefois, il peut être identifié à l’aide d’acide chlorhydrique dilué. La poudre de pierre et le carbonate de calcium léger réagissent violemment avec l’acide chlorhydrique dilué, produisant un grand nombre de bulles. Après la réaction, la solution est relativement limpide.
2. Identification du phosphate tricalcique :
Le phosphate tricalcique, également appelé phosphate de calcium, est blanc ou grisâtre et possède une teneur élevée en phosphore et en calcium (mais il n’est pas facilement absorbé par les animaux), ce qui en fait une « matière première idéale » pour la falsification par des commerçants malhonnêtes. Toutefois, il peut être identifié. Prélevez un petit échantillon et placez-le dans un petit bécher ; dissolvez-le avec une faible quantité d’acide acétique, puis ajoutez une solution d’acide tartrique et une solution de molybdate d’ammonium afin d’immerger l’échantillon. Placez le bécher dans une étuve à température constante réglée à 60–70 °C. Après plusieurs minutes, l’apparition d’un précipité jaune indique la présence de phosphate tricalcique.
3. Identification de la farine d’os :
L'ajout de phosphate bicalcique à la farine d'os a pour but d'en réduire la teneur en fluor. Toutefois, sa couleur est grisâtre ou brunâtre jaunâtre, et si l'on en ajoute plus de la moitié, elle dégage une odeur caractéristique de farine d'os. En alternative, prélever une petite quantité (environ 1 à 2 g) de phosphate bicalcique, y ajouter un excès d'acide chlorhydrique dilué ; après réaction, une grande quantité d'écume trouble se forme. À l'issue de la réaction, la solution devient jaune trouble et un résidu insoluble sédimente au fond, ce qui indique la présence de farine d'os.
4. Identification de la poudre de roche phosphatée :
La poudre de roche phosphatée est une poudre fine obtenue par broyage de roche phosphatée. Elle est gris-blanchâtre, brunâtre jaunâtre ou blanche, contient environ 2 % de fluor et environ 32 % de calcium, et est insoluble dans l'acide chlorhydrique dilué, ce qui permet son identification.
5. Identification du superphosphate agricole :
Le superphosphate agricole est gris-blanchâtre à gris foncé. Lorsqu’on y ajoute de l’acide chlorhydrique dilué, la solution devient gris-brunâtre, avec des matières insolubles au fond, ce qui peut servir de base pour l’identification.
6. Identification du talc :
Le talc présente des caractéristiques sensorielles similaires à celles du phosphate bicalcique de haute qualité, mais il ne se dissout pas dans l’acide chlorhydrique dilué, et un film translucide flotte à la surface, ce qui permet son identification.
7. Le phosphate bicalcique de haute qualité doit être une poudre blanche ou gris-blanchâtre, de granulométrie uniforme, au toucher doux et à bonne fluidité. Il est insoluble dans l’eau, mais soluble dans une solution d’acide citrique à 2 % et dans de l’acide chlorhydrique à 0,4 % (aucune bulle n’est produite pendant la dissolution). Alternativement, une petite quantité peut être déposée sur une lame de montre, puis quelques gouttes de solution de nitrate d’argent à 5 % peuvent y être ajoutées ; l’échantillon forme alors un précipité jaune.
En outre, la norme de qualité des échantillons (HG2636-2000) stipule que la teneur en calcium doit être d’au moins 21,0 %, celle en phosphore d’au moins 16,5 %, et celle en fluor d’au plus 0,18 %. Aucune limite supérieure n’est spécifiée pour ces teneurs, ce qui offre un prétexte légal aux lots frelatés. Toutefois, la teneur normale en calcium et en phosphore du phosphate bicalcique de haute qualité devrait se situer respectivement entre 21 % et 23,2 % pour le calcium, et entre 16,5 % et 18,5 % pour le phosphore, les valeurs théoriques étant de 23,2 % pour le calcium et de 18,0 % pour le phosphore. Le rapport calcium/phosphore dans un phosphate bicalcique non frelaté doit être proche de 31:40. En général, même si un échantillon frelaté peut atteindre une teneur adéquate en phosphore, il est difficile d’obtenir simultanément une teneur adéquate en calcium.